
Comment ouvrir officiellement le Blog Koxin-L autrement qu'en me lançant moi-même dans une allégorie sur ce qu'est ou n'est pas la réalité du Web 2.0. Et ce n'est pas une mince affaire. Le Web 2.0, il est partout, nous envahi un peu plus chaque jour...
Tout le monde veut son site Web 2.0 avec trois fois rien.
Mais c'est quoi en fait ?
Evoqué pour la première fois début 2004, Tim O'Reilly rapporte, dans son article d'octobre 2005 "What is Web 2.0", que le terme est cité plus de 9,5 millions de fois dans Google.
Au 24 août 2007, les moteurs de recherche donnaient pour le terme Web 2.0 :
Google, si tu m'entends, ajoute cette humble 727 000 001e page à ton index. Je me demande comment je vais faire pour arriver en première page sur cette requête... Web 2.0, c'est concurrentiel Web 2.0 ? Bof... Des millions de Web 2.0, et mon Web 2.0 qui est noyé avec les autres Web 2.0... Bon j'arrête la déviation suroptimisée sur le terme Web 2.0. Ce n'est pas des manières Web 2.0 d'abord...
Bref, il est très difficile de trouver une définition satisfaisante de ce qu'est le Web 2.0. Beaucoup d'éditeurs Internet se sont lancés dans des tentatives plus ou moins fructueuses pour tenter de trouver une définition claire de cette nouvelle tendance. Personnellement, dans celles que j'ai pu lire, aucune ne m'est apparu satisfaisante, ce qui m'amène à douter de l'existence réelle d'un Web 2.0, mais comment se fait-il, alors, que l'on parle autant de lui ?
Pour tenter d'y voir plus clair, revenons au fameux article de Tim O'Reilly.
Dans son "What is Web 2.0", l'auteur, sans nous offrir une définition exploitable du Web 2.0 puisqu'il le considère comme un concept , nous apporte les grandes lignes qui permettraient de distinguer ce qui est ou ce qui n'est pas Web 2.0, à savoir :
Donc, si je m'en tiens là, le Web 2.0, c'est... C'est le Web. Avec des évolutions technologiques, certes, mais après tout, tout évolue et on n'en change pas le nom pour autant.
Au début du XXe siècle, les premières voies de circulation pour automobile se nommaient ... Route. Et aujourd'hui ? Pareil, pourtant elles n'ont plus rien à voir avec leurs ancêtres. Je me vois bien malin de sortir "Pour descendre à Trouzy-les-Farfouilles ? Simple, tu prends la D237 c'est une Route 2.0, tu verras, y a des lignes blanches au milieu et quelques aires de repos". On est bien avancé.
Tiens, au fait !
Quelle est la différence entre Microsoft Money 2004 et 2005 ou Symantec Norton Antivirus 9 et 10 ?
Pas facile de répondre hein ?
Oui, on pourra toujours trouver quelque chose. Un design et une compatibilité accru pour l'un, un système d'éradication amélioré pour l'autre, mais au fond, rien de bien surprenant et d'innovant.
Et si le Web 2.0 était un gigantesque coup marketing, lui aussi ?
Nannn, je ne peux me résoudre à y croire...
Bon, comme du coté technologique, c'est pas ça, tournons nous vers l'utilisateur.
Bah oui, c'est pas con en fait. Pas besoin de chercher plus loin, le Web 2.0, c'est un mouvement né de la généralisation de l'accès à Internet. Il y a 10 ans, seul les mordus d'informatique et les entreprises se risquaient sur la toile, aujourd'hui, papi et mamie peuvent contempler leur petit fils qui joue avec la webcam du papa. Tout le monde surf. Voilà, on y est.
Oui, mais non...
Quand papi a passé son permis de conduire en 1922, ils étaient 10 000 sur les routes, aujourd'hui, on est 20 millions et le code a bien évolué depuis. Ce n'est pas pour autant que la préfecture nous délivre un Permis 2.0.
Donc, ce n'est pas technologique, ce n'est pas social... C'est peut-être personnel en fait.
Ca voudrait dire que le Web 2.0 qui se dit ouvertement anti-individualiste serait en fait une attribution toute personnelle d'opinions. Et pourquoi pas ?
Pourquoi chacun n'aurait pas la possibilité de donner l'étiquette 2.0 à un site qui lui apporte une réelle innovation ?
Le Web 2.0 regrouperait donc en fait une catégorie de sites dit de qualité par leurs adeptes, voués à perdre ce label dés lors qu'ils ne gardent pas une longueur d'avance sur leurs concurrents. Digg ne serait donc pas 2.0 parce qu'il propose des services codés en Ajax, permettant une relation plus étroite entre internautes, le tout modelé dans une charte graphique à la mode, mais parce que ce qu'il offre est nouveau et qu'il est pour le moment le leader dans son domaine. Mais, aux yeux des visiteurs, tout site ou presque offre quelque chose de différent et donc est potentiellement 2.0. Dans ce cas, c'est le Web dans sont ensemble qui est 2.0, et ce, depuis sont origine. Mais si c'est le cas, il n'y a donc pas eu de Web 1.0, donc, si pas de 1, pas de 2...
Hop, CQFD.
Des questions ?
Plus sérieusement, après avoir longuement épluché l'article originel de Tim O'Reilly et parcouru le Web dans tous les sens à la recherche de discussions autour de ce phénomène, je m'aperçois que ce n'est en fait qu'un véritable attrape couillon. Il n'y a pas plus de Web 2.0 qu'il n'y eu de Web 1.0 ou parfois lu 1.5 (de pire en pire...).
Le Web est basé sur une technologie qui permet aux gens d'échanger, et ce de plus en plus. Question d'évolution technique et culturelle en somme.
Mais ceci n'est qu'une opinion personnelle, donc en contradiction directe avec le concept social et anti-individualiste du Web 2.0.
Comme il y en a toujours qui veulent savoir si leur site est Web 2.0 ou pas... (A prendre au 2nd degré)
http://web2.0validator.com/
Je me range assez bien (j'aime pas dire totalement) derrière cet avis. J'ai un petit moment flippé en me disant : mais qu'est-ce que le web 2.0? est-ce que je vais pouvoir adapter mon site? sera-t-il tout simplement compatible? est-ce que je vais être à même de me plier aux nouvelles directives??? Rien de tout cela, après une après-midi de recherches infructueuses, j'en ai conclu que le web 2.0 était un jet de pierre dans l'eau, ça fait quelques vagues mais pas beaucoup plus. (j'ai au passage noté trois fautes d'orthographe : "contradiction directe", "en somme" et "définition claire")
Coquilles corrigées ;-)
Je susi d'accord avec ta conclusion. J'ai moi-même rédigé un article dans lequel je défends ue ce n'est pas tant une révolution qu'une évolution... Le web 2.0, ce n'est que certains points du "web 1.0" qui sont un peu plus mis en avant. Mais dans l'ensemble, rien de nouveau sous le soleil ;-)
mon article : http://blog.djaphil.fr/web-20/quest-ce-que-le-web-20-ma-conception-du-web-20-17
Dans le même ordre d'idées j'aurais 3 autres exemples:
1) On nous a fait croire en les "nouvelles technologies" qui n'ont jamais réellement existées. Il n'y a pas eu d'anciennes technologies puis de nouvelles, a moins qu'on remonte aux années 60 (voire 70) avant l'utilisation de la machine automatisée. Il y a eu, au contraire une évolution normale, ininterrompue et régulière des outils. Pas de changement spectaculaire. Vous allez me dire "et internet". Ce média est arrivé progressivement depuis le début des années 90 et le terme "nouvelle technologie" était d'ailleurs utilisé avant cela. Remarque d'ailleurs que cela fait une quinzaine d'années qu'on nous sort régulièrement ce terme. Cette "nouvelle" technologie finira-t-elle par ne plus porter ce qualificatif qui - par définition - vieillit très vite ?
2) On nous a aussi fait croire que le CD-ROM (je ne parle pas du CD) permettait aux ordinateurs de passer de la vidéo ou d'avoir des applis interactives !. Or, replaçons nous dans le contexte de l'époque; le CD-ROM n'était qu'un support d'enregistrement (tout comme la bonne vieille disquette). A lui seul il ne permet rien de plus. La vidéo est liée à plusieurs (autres) éléments: La rapidité accrue des traitements de la machine, l'écriture d'algorithmes de compressions de meilleurs qualité et (enfin) un support de stockage de fichiers volumineux.
3) Enfin, nous avons eu droit au milieu des années 90 aux ordinateurs "multimédias". Pourtant pas plus multimédia qu'autrefois, ils possédaient une carte son, voire vidéo, une paire de haut parleur et voila un label de plus...
Bref, dans ces exemples, l'ensemble des évolutions a été baptisé sous un terme générique permettant soit d'y voir plus clair, soit de vendre mieux. Nous allons nous y faire je crois :)
Sylvain
http://www.cryptographp.com
Bonjour,
Merci pour ton billet trés intéressant. Je suis assez d'accords avec toi sur la non existance du Web 2.0 en tant que tel. Il me parait stupide de penser que nous sommes passé du 1.0 au 2.0 par un coup de baguette magique! Il y a cependant une claire évolution depuis 10 ans dans la pratique d'Internet (j'ai du commencer à l'utiliser en 93/94). Je pense que ce fameux 2.0 est la combinaison du nombre d'internautes et d'une technologie d'échange d'information simple (ordi puissant + ADSL + AJAX ).
Apparemment, vous n'avez pas lu correctement les explications de Tim O'Reilly. Celui-ci dit lui-même que cette époque n'est que la pleine réalisation des potentialités renfermées par le web dès sa conception par Berners-Lee. Et il dit aussi que le web 2.0 n'est pas une chose définissable, mais simplement une époque, une ère nouvelle dans l'évolution du web ! En ce sens, ce n'est absolument pas contradictoire avec ce que vous exposez ici...
Ce web 2.0 est effectivement une pure oeuvre de marketing, on n'a d'ailleurs pas oublié que la marque fut déposée :)
(Voir entre autres http://breese.blogs.com/pi/2006/06/a_qui_appartien.html)
The Old brave Web évolue chaque jour et il ne connaît à aucun moment un état de stabilité tel qu'on pourrait le figer dans un numéro de version : l'appellation "2.0" est donc erronée.
Sinon, la tendance est à transformer chaque PC en terminal, simple poste de travail du réseau avec ses outils distants (il y a bel et bien déjà un "dessineur" online en plus des suites bureautiques), ses communicateurs délocalisés et ses utilisateurs parfaitement profilés.
Bel article, bravo.
Vous avez raison et tort à la fois.
Raison car le Web 2.0 n'est pas nouveau. Ce n'est qu'un "tag" déposé sur des outils souvent anciens qui ont quelques points en commun.
Mais il y a quand même dénominateur social commun : c'est le fait que la richesse se trouve désormais sur les liens entre les usages de l'information, ou les liens tout court entre les internautes plus que dans le contenu éditorial lui-même.
C'est plus compliqué que des forums, c'est une vision neuronale du Web qui peut paraître fumeuse mais qui à mon avis ne l'est pas. Le fonctionnement des antispams par mutualisation des tris en est un bon exemple.
A côté ce cela, il y bien sûr récupération marketing du concept, comme tout ce qui est à la mode.
Faire croire que c'est nouveau serait en effet une escroquerie.
Mais croire que c'est une évolution banale et peu signifiante du Web est à mon avis une erreur.